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samedi 19 octobre 2013

NJP : J'etais au concert de Misteur Valaire





 Les premières fois où j’ai regardé avec attention la programmation de la 40ème Edition du Nancy Jazz pulsations,  je dois bien avouer que ce n’est pas la présence de Misteur Valaire qui m’a le plus sauté aux yeux. 

En revanche, comme chaque année, j’avais marqué d’une pierre blanche la soirée Electro proposée par le festival et heureux hasard cette année, le quintet canadien fait partie de la programmation en compagnie de Sexy Sushi, Miss Kittin et la nouvelle star de la musique électronique Rone.

D’un naturel curieux, je m’empresse de découvrir la musique du groupe avec Bellevue leur nouvel album.  Ce dernier est composé de 12 titres efficaces et instantanés oscillant entre funk, hip hop, Jazz, pop et bande originale de films. Un melting pop musical taillé pour la scène le titre « Don’t get là » en porte drapeau.  

Je décide de prendre contact avec Luis Clavis, chanteur et multi instrumentiste du groupe afin de faire connaissance et d’en savoir un peu plus sur le quintet québecois.

Electophone : Misteur Valaire, bien que venant d’outre atlantique, vous écrivez votre nom d’une manière très française, pourquoi ?
Misteur Valaire : L’histoire autour de notre nom est un peu longue à raconter. En quelques mots, c’est en rapport avec un ami mexicain qui voulait qu’on l’appelle Carl Valaire et on lui a volé son nom. Le mot « Misteur » quand à lui avant d’être français et surtout très québecois. Au canada c’est comme cela qu’on le prononce c’est donc comme cela qu’on a voulu l’écrire.

E : En quatre albums, vous êtes passé d’une musique plutôt Free jazz à un registre electropop. Comment s’est opéré ce changement ?
MV : Quand on a créé Misteur Valaire, on était à l’école secondaire, (le Lycée nldr) et à cette époque on étudiait le jazz. Il était donc naturel que  ce style musical se retrouve dans notre musique. Ensuite on s’est mis à découvrir d’autres sons et notre spectre d’influences s’est élargi. On aime beaucoup le hip hop et la funk. On s’est équipé d’instruments qui permettent d’en faire et on a commencé à intégrer tout cela à notre musique. 

E : Bellevue est votre 4ème album en à peine 8 ans, vous êtes un groupe plutôt prolifique.
MV : Effectivement, Mr Brian, l’album précédent datait déjà de 3 ans et on avait vraiment hâte de sortir quelques choses de nouveau avec Misteur Valaire. Entre temps nous avons sorti le premier album de notre side project « Qualité motel ». On a la chance d’avoir notre propre studio  et on essaye de rester toujours actif. On s’y retrouve d’ailleurs très souvent pour enregistrer de nouvelles chansons. 

E : Comment s’est passée l’écriture de Bellevue ?
MV : Avec Bellevue on a un peu changé notre façon de travailler. On souhaitait un album plus épuré musicalement tout en gardant à l’esprit l’envie de faire une musique efficace.
On s’est enfermé dans un chalet pendant deux semaines. On passait notre temps soit à jouer au hockey soit à composer. Nous sommes très démocratiques dans notre façon de travailler et personne n’a plus de poids qu’un autre. Le matin, on s’impose une tonalité et un tempo précis et durant toute la journée chaque membre du groupe travaille de son côté, le casque vissé sur la tête. Une fois la nuit tombée, on se regroupe, on boit des bières et on réarrange tout ce qui a été fait dans la journée. Une bonne partie des morceaux présents sur Bellevue ont été créés ainsi.

E : « El kid » semble être écrit pour la bande originale d'un film, l'habillage sonore est  quelque chose qui vous attire ?
MV : On aime devoir se remettre en cause et explorer de nouveaux horizons. La musique de films offre ces possibilités. On a récemment réadapté deux de nos morceaux pour le prochain film de Filip Piskorzynski & Amélie Glenn, « Jean et Béatrice » qui sera bientôt sur les écrans.

E : Vous êtes assez adeptes de « featuring », comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Jamie Lidell où Heemes ?
En général, les personnes qui travaillent avec nous viennent  principalement de Montréal. C’est avant tout des amis, on enregistre la journée, on fait  la fête une fois la nuit tombée.  C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec Milk & Bone pour le titre « Know by Sight ».

Pour Jamie Lidell et Heems c’est un peu différent. On les a contactés par internet et comme ils appréciaient notre musique ils ont répondu positivement.  Jamie Lidell par exemple est quelqu’un de très indépendant et qui a un peu la même vision de la musique que nous. Quand on lui a demandé d’enregistrer il était en pleine tournée,  pourtant ça ne l’a pas dérangé, entre deux dates, d’entrer dans le studio le plus proche pour enregistrer sa voix. Il y a d’ailleurs une session vidéo sur ce titre (Mountains of Illusion, NDLR) qui montre comment le morceau s’est construit et  qui devrait sortir prochainement. Il y a quelque chose de magique dans cette façon de travailler. Un jour tu reçois un paquet cadeau et quand tu l’ouvres, à l’intérieur c’est la voix de Jamie Lidell.

E : Vous vous êtes attachés à sortir vos albums en suivant ce qu’on appelle les nouveaux modèles économiques, qu’en est-il pour Bellevue ?
MV: Bellevue et les autres albums sont tous en téléchargement libre. Malheureusement en France vous êtes un peu trop conservateur et aujourd’hui vous êtes les seuls à ne pouvoir le télécharger en fixant le prix. Mais soyez patients, ça devrait être possible d’ici quelques semaines.
Dernièrement, on a ajouté un petit avantage de plus qu’on a appelé « Go star ». C’est une plateforme à laquelle tu t’abonnes mensuellement et en contrepartie Misteur Valaire t’adresse des exclus, des sessions live et retourne même en studio pour enregistrer quelques chansons rien que pour toi. Récemment, à Montréal,  tous les « Go Star » ont été invités à un concert privé. On va essayer de faire la même chose dans d’autres villes et notamment Paris.

E : C’est votre deuxième passage au Nancy Jazz pulsations, heureux ?
MV : Comme on l’a dit plus tôt, le Jazz reste un de nos premiers coup de cœur musical et c’est une chance que des festivals comme le NJP s’intéressent à nous. Nous sommes passés en 2011 au Magic Mirror et cette année ils nous ont grossi la scène c’est donc qu’ils nous font confiance pour mettre l’ambiance. On a cœur de faire lever les foules  et le live c’est un peu notre force. On est 5 sur scène avec une musique moitié faite par des instruments moitié faite par de l’électronique, je mets au défi quiconque de rester immobile durant un de nos shows.

En live, Misteur Valaire livre la même générosité qu’on retrouve sur leurs albums. Le show a un côté très américain mais garde précieusement ses attaches québécoises et certaines phrases très peu utilisées de part chez nous tel que «  Maintenant on veut voir danser vos cheveux » apportent un côté exotique très appréciable. C’est énergique, sexy et lumineux jusque sur les blousons des cinq musiciens. Il y a un côté Beastie boys sur les morceaux hip hop, les cuivres rappellent les JB’s et la légère touche electro apportée par les synthétiseurs font d’un concert de Misteur Valaire quelque chose de détonnant et de terriblement addictif.

Ce soir-là un aficionados de musique techno présent à L’autre canal m’avouera avoir été étonné par la prestation live livrée par les canadiens. Nous aussi, contrat rempli !

O.
Credits Photos Live : Messky Mo
Avec l'aimable autorisation du NJP.




mardi 1 octobre 2013

Chronique + Entretien avec Pendentif : Mafia Douce



Pendentif  -  Mafia Douce - Discograph

Après les très séduisants « Embrasse moi » et « Jerricane » sortis il y a quelques mois,  Pendentif continue son ascension pop avec Mafia Douce son premier album sorti le 24 Septembre.

Depuis quelques années le paysage musical français est en pleine effervescence.  Fini  les trios altermondialistes moralisateurs à rimes de lèse majesté ! La chanson française se renouvelle (enfin) et certains groupes refusant  les clichés ont décidé de remettre au goût du jour une pop à la française trop souvent dans l’ombre de chanteurs  tristes à guitares acoustiques. Le quintet bordelais Pendentif en est le parfait exemple.

Mafia Douce, c’est 12 titres pop, à la fois doux et acidulés.  Une musique qui au premier abord pourrait paraître légère  et facile mais qui s’avère être totalement maitrisée et mature dans son écriture.  Ça parle de romances, de virées nocturnes et c’est servi avec une jolie dose d’érotisme  apportée par le chant sexy de Cindy et le mixage groovy d’Antoine Gaillet.  

Il fallait oser l’idée de transposer les codes de la pop anglo saxone à la musique française. Pendentif l’a fait et le résultat s’avère être plutôt réussi.  Un album qui file le sourire et qui prolonge l’été.

O.


***************

Le quintet lançait sa tournée fin septembre à l’autre Canal, Electrophone en a profité pour rencontrer Benoit Lamblin guitariste et compositeur du groupe. 


Electrophone : Vous débutez ce soir le tournée pour l’album Mafia Douce, comment vous sentez vous ?

Benoit Lamblin : On avait hâte d’y être. On a fait une résidence de 5 jours pour préparer le live et même si ça nous a pas empêché d’avoir quelques problèmes techniques avec le clavier et l’ampli basse on est super content de reprendre la route.

E : Peux-tu nous parler de pendentif ?
B : Pendentif existe depuis 3 ans. Au départ on écrivait dans nos chambres puis nous avons proposé à Cindy de chanter.  Au final ça s’est  révélé être plutôt bénéfique pour nous et aujourd’hui la direction artistique que le groupe a pris c’est en partie grâce à elle.

E : Peux-tu nous parler de l’écriture de Mafia Douce ?
B : Les morceaux sont composés collectivement. En général, on fait tourner une composition puis je chante 2, 3 phrases notées dans un cahier. Petit à petit le morceau se construit autour,  rien n’est prémédité à l’avance. Dans nos chansons, on  essaie de retranscrire des histoires  vécues tels que des souvenirs de fête ou des déboires amoureux. Seules « embrasse-moi » et « voltige » ont été écrit uniquement pour Cindy.

E : Vous avez travaillé sur cet album avec Antoine Gaillet (Herman Düne, M83), quel a été son apport  dans votre musique ?
B : Antoine a voulu garder le côté artisanal de Pendentif. Il s’est pas mal servi de sons et de bandes qu’on avait enregistrés dans notre home studio. Il voulait qu’il y ait un mélange mi professionnel mi amateur et au final ça donne quelque chose qui nous plait vraiment.


E : Pourquoi tant d’attente entre votre premier EP « Pendentif » sorti en 2011 et  l’album Mafia Douce ?
B : Déjà, on a mis un peu de temps à se construire.  A l’origine, il y avait 2 personnes de plus dans Pendentif, puis comme beaucoup  de groupes il y a eu des  changements de line up pour diverses raisons. Ensuite Il a fallu se bâtir une équipe autour de nous,  trouver un éditeur et un label avec lequel on avait envie de bosser. Tout cela nous a pris pas mal de temps.

E : Votre musique respire l’été, les vacances, pourquoi avoir attendu la rentrée pour sortir l’album ?
B : Beaucoup nous l’on dit. C’est encore une fois une question de timing avec notre label. Il fallait  développer le projet,  amener les choses progressivement.

E : Pensez-vous bénéficier de l’engouement qu’a la presse actuelle sur les groupes qui chantent en Français ?
B : On n’a jamais voulu suivre une mode. On était là au début et on a toujours chanté en français. Après, je ne sais pourquoi, il y a une sorte d’inconscient collectif qui fait qu’aujourd’hui pas mal de groupes se mettent à faire de la pop en Français. On n’est pas réfractaire à l’anglais et d’ailleurs on l’utilise parfois pour certaines expressions qui s’avèrent être plus efficaces dans cette langue mais la langue française reste notre choix.

E : Quelles sont vos influences principales ?
B : Même si pas mal de membres du groupe sont friands de musique anglo saxone, personnellement j’aime beaucoup la musique française.  J’aime ce qu’a pu faire Gainsbourg dans les années 80 pour Birkin et Adjani ou encore les travaux de Jacques Duvall qui a pas mal écrit pour Lio.

Comme ces chanteuses, Cindy a une voie normale. On est loin des univers des performeuses cependant il y a quelque chose de frais et de fragile dans leur façon de chanter. J’essaye de m’en servir dans nos compositions.  Sinon on aime beaucoup le côté flirt et sexy qu’on peut retrouver dans des chansons d’artistes tels que Polnareff, Sebastien Tellier ou encore Damien dont le dernier album est vraiment un coup de cœur personnel.

E : Avec tout l’engouement qu’il y a autour de vous, avez vous déjà l’impression  que Mafia Douce ne vous appartient plus ?
B : L’album n’est pas encore dans les bacs pourtant avec les deux clips qu’on a sorti, on se rend compte qu’en live le public se met à reprendre les paroles. Ça nous fait plaisir naturellement. On a hâte que l’album sorte et qu’il se mette enfin à appartenir à l’imaginaire des gens.  

E : Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
B : Beaucoup de dates, on a vraiment envie de tourner ! On va voyager en Suisse, au Canada et on a  envie de ça. Ce qui nous fait plaisir c’est d’avoir des retours d’autres pays comme le Brésil, l’Angleterre ou encore le Portugal.

E : Chanter en Français dans des pays comme le Brésil ou le Portugal c’est un joli challenge, non ?
B : Effectivement. L’idée de faire passer le romantisme juste par la musicalité est intéressante.  Lorsque l’on écoute de la musique anglo saxone on peut ressentir les émotions sans forcément comprendre les paroles. Faire la même chose avec des chansons en français est quelque chose qui nous  plaît vraiment.

O.
Merci à Discograph.

mardi 28 mai 2013

On a rencontré Talisco...(the next big thing ?)


En début d’année, arrivait dans mon casier « My Home » le premier EP rafraîchissant du multi instrumentiste bordelais Talisco. Quatre titres oscillant entre pop et folk fabriqués de toute pièce dans son home studio. On a voulu en savoir un peu plus sur l’artiste, voici le résultat de l’entretien pour Electrophone. 

Electrophone : Comment es-tu arrivé à la musique ?
Talisco : J’ai toujours aimé la musique et j’ai commencé à en jouer vers l’âge de onze ans. J’ai eu mes premiers groupes à 14 ans et puis j’ai dû tout mettre en stand by pendant quelques années du fait que je voyageais beaucoup et qu’il n’était pas facile pour moi de maintenir quelques choses de sérieux. J’ai repris réellement il y a 3 ans.

E : Parle-nous de My home ton premier EP ? 
T : En fait avant ce premier EP j’ai eu pas mal d’autres projets qui sont restés à l’état d’embryons. « My Home » est le premier qui voit vraiment le jour.

E : Tu l’as écrit comment ? 
T : J’ai essayé d’être fidèle à moi-même avec beaucoup de sincérité et un univers qui m’est propre. J’écris de manière instinctive. J’essaye de retranscrire ce que j’ai dans le ventre pour faire une musique qui me ressemble. Sur « My Home », c’est moi qui joue toutes les parties musicales.

E : Quelles sont tes principales influences ? 
T : C’est compliqué. Je ne me suis jamais enfermé dans un univers. Je suis naturellement curieux et je prête assez facilement une oreille vers des mélodies qui a priori semblent assez éloignées des miennes. Plutôt que parler d’influences je préfère parler des groupes qui m’ont marqués comme par exemple les Beastie Boys..

E : Les Beastie Boys, Vraiment ? 
T : Je reconnais que musicalement ils sont assez loin de ce que je propose, mais j’aime leur sincérité. Ils vont là où ils veulent sans se fixer aucune frontière. Leur démarche artistique a été un déclic. Pour revenir à mes influences, mon père est fan de western et par la force des choses j’en ai beaucoup écouté. J’aime aussi la musique des années 80 avec ses grandes envolées mélodiques qui aujourd’hui peuvent sonner un peu cheap mais qui je pense m’ont beaucoup marquées. Et puis, comme j’aime poser la voix sur ma guitare, il y a le folk naturellement.

 Photo : (C) Yann Orhan

E : Un album de prévu ? 
T : Il est en cours d’enregistrement la sortie est prévue pour la fin de l’année et même si ça dépend de beaucoup de choses j’ai hâte qu’il sorte. On y retrouvera un ou deux titres du EP mais pas plus. Musicalement, j’ai essayé de proposer des choses différentes que le coté folk qu’il y a dans « Home » mais ça restera dans la même dynamique avec quelques surprises. Il sera plus spontané, plus riche musicalement et avec plus de gueule. Ça a été un travail assez épuisant mais transpirant de sincérité.

E : L’image de Bordeaux musicalement parlant est très proche du rock or ça ne semble pas être ton cas, pourquoi ? 
T : Je suis né à Bordeaux, j’y ai grandi et j’aime beaucoup cette ville. Mais je considère que je n’appartiens à aucun mouvement. Naturellement avec des groupes comme Noir Désir Bordeaux a une couleur Rock, mais moi je reste fidèle à moi-même avec mes envies et ma musique. Me retrouver dans une case ne m’intéresse pas et d’ailleurs j’aime bien le revendiquer.

E : Les retours sont plutôt positifs sur ton premier EP, ça t’étonne ? 
T : Naturellement je suis surpris mais également flatté. Je prends ça comme un cadeau car ça peut s’arrêter très vite.

E : Tu as choisi de chanter en Anglais, pourquoi ce choix ? 
T : Attention, je ne boude pas du tout la langue française et j’ai d’ailleurs quelques chansons en Français. Il y a je trouve, une musicalité dans la langue anglaise qui me convient par rapport à ce que je fais et qui me permet d’écrire comme je le veux.

Oueb / Facebook / Shop

Merci à Talisco et à VScom 

vendredi 23 novembre 2012

Electrophone : Rencontre avec Yeti Lane.



Avant de s'appeler Yeti Lane, Yéti Lane s'appelait Cyann et Ben. Avant d'être un duo sur 'The Echo Show', Yéti Lane était un trio sur un premier album éponyme. Leur nom fait penser à Penny Lane des Beatles pour certain ou à Yeti d'Amon Düül 2 pour d'autre ce qui résume finalement assez bien leur musique.

Le 09 Novembre, ils étaient de passage sur Nancy pour présenter 'The Echo Show'. Electrophone en a profité pour rencontrer Ben Pleng et Charlie B respectivement chanteur et batteur du groupe.

Electrophone : The Echo Show votre deuxième album est sorti en Mars et depuis vous passez votre temps sur les routes, pas trop fatigué ?
Yeti Lane : On est content, on fait beaucoup de concert et le public répond présent, ça ce passe bien.
 E : Vous préférez être sur les routes comme aujourd'hui ou plutôt travailler en studio ?
Charlie : C'est pas vraiment comparable. On adore les deux. On s'est bien amusé à faire 'The Echo Show' en studio. Après sur scène  c'est quelques choses de spécial. Présenter le groupe et les titres en publique c'est à part, plus direct.
Ben : Les deux sont intimement liés. Quand on rentre en studio on essaye de donner à notre musique une énergie live et quand on est en live on essaye de reproduire la musique qu'on fait en studio. On prend beaucoup de plaisir à faire les deux.

E : Votre premier album sonnait plutôt pop 60'S, 'The Echo Show' sonne plus comme une sorte de Krautrock Shoegazé,  il y a eu une sorte d’évolution dans votre son ?
B : On essaye de s'orienter effectivement vers ce genre de musique. 
C :  Après le départ de Loïc, on s'est retrouvé en duo avec Ben. On s'est alors interrogé sur ce qu'on allait faire. On aimait ce qu'on avait fait avec notre premier album mais on avait envie de plus s'attarder sur les parties instrumentales des morceaux, de plus insister sur le coté psychédélisme de notre musique.
B : Le fait de se retrouver à deux nous à permis de nous recentrer et finalement tout c'est fait naturellement.

E : Vous êtes avez fait un choix drastique pour dans la sélection des morceaux qui composent 'the Echo Show', ça n'a pas été trop difficile ?
B : On a enregistré beaucoup de morceau et après avoir trié ceux qu'on souhaitait sur l'album il nous en restait pas mal sur les bras. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle 'The Echo Show' ressort aujourd'hui  avec quelques inédits.(Le 05 Novembre, ndlr)

E : Sur 'The Echo Show', vous avez travaillé avec David Ivar d'Herman Dune sur le morceau Sparkling Sunbeam, comment c'est faite cette collaboration ?
B : C'est quelqu'un qui chante bien et qu'on apprécie.  Et comme le morceau s'y prêtait bien, on a pensé à lui pour poser sa voix.
(Ben est également le bassiste d'Herman Dune, ndlr)

E : Damien du blog Ground control to major tom dit de The Echo Show :
"Devant tout ce déferlement de maîtrise et d’ingéniosité, on se demande si nous ne sommes déjà pas en présence d’un des albums les plus importants de 2012."
B :  C'est pas à nous d'en juger, mais il y a effectivement de bons retours.
C : Ça fait toujours plaisir quand les gens disent qu'ils apprécient notre musique. On a passer beaucoup de temps pour faire ce disque, on a essayé d'y mettre le meilleur de nous même.

E : Vous avez joué à l'étranger, comment avez vous été accueilli ?
C : On a surtout jouer en Angleterre, là ou la concurrence est rude.
B : C'est pas toujours évident de jouer là bas, il y a beaucoup de très bon groupe. L'accueil est plutôt chaleureux en général et petit à petit on essaye de se faire une place.


Crédit Photos GCTMT
Remerciements à Yeti Lane / Off Kultur / Mathieu Cazanave

vendredi 3 février 2012

Electrophone loves : Edgework

 

Électrophone aime et soutien les jeunes pousses surtout quand elles sont sympathiques et proposent quelque chose d’intéressant.

Nous sommes donc allé à la rencontre d'Edgework, jeune producteur Suisse qui vient de sortir "Night Mechanics", son premier EP, sous le label "Plastic Toys Records



Electrophone : Qui es-tu ?
Edgework : Ce genre de question me fait penser à la grande époque de Caramail avec le fameux "Hey ! Salut ! asv (âge/sexe/ville) ?" Et je répondrai alors de la sorte: Romain, 23 ans, homme, Bâle.

E : Que fais-tu ?
Edgw : Je suis tout fraîchement diplômé et travail en R&D.

E : D'où viens-tu ?
Edgw : Originaire de l'Est de la France, étudiant nancéien ensuite, puis Bâlois d'adoption depuis peu. Tout ce que j'ai se résume en ces trois points.

E : Comment es-tu arrivé dans la musique electronique ?
Edgw : Longue et curieuse histoire. Pour faire simple, j'ai été de la génération MTV et j'écoutais ce que tout le monde écoutait. Mon collège et lycée furent un calvaire musical où je ne m'identifiais à aucun style et ne comprenais pas l'intérêt de s'identifier dans une certaine mouvance.
Cependant, dans tout cela, certains CD tournaient en boucle comme Discovery et Homework des Daft, achetés à la va vite la première fois que je suis allé dans une FNAC à mes 13 ans, ou The Wall des Pink Floyd déposé sur mon bureau par mon père au-dessus d'une pile d'un certain Mickael Jackson.
Ca n'est qu'à mes 15 ans où j'ai commencé à mixer et l'ordre logique vint de passer sur VirtualDj puis sur Ableton Live. Mon pseudo NeeliXxX était tout simplement mon Gamertag sur le Xbox live, je n'avais donc pas cherché bien loin mon pseudo de l'époque !
Mes amis m'incitaient à continuer dans le Djing, chose que je faisais, mais l'envie de produire vint avec le temps. Mon déclic musical fût les Eurockéennes de Belfort 2007. J'ai pu découvrir le montage d'un live avec SMD, l'esprit rock star de Justice et l'insolence d'un jeune Rémois nommé Yuksek le dernier jour des Eurocks sur la scène tremplin, brandissant un remix tapageur des Shitdisco. S'en ai suivi une écoute en boucle du combo suivant: The Chemical Brothers - We Are The Night / Simian Mobile Disco - Attack, Decay, Sustain, Release / Justice - Cross / Daft Punk - Discovery.
Après une petite traversée du désert à comprendre les logiciels, rencontrer du monde et construire quelque chose de correcte, c'est en 2009 que je commençais réellement à produire, avec l'aide avisée d'un jeune étudiant aux cheveux mi-long prénommé Adrien (Awkoder Nldr). Le projet NeeliXxX passa donc du statut Dj à Dj/Producteur, et ça me plaisait. C'est donc ce moment que je qualifie d'arrivée dans la musique électronique.

E : Ton actu ?
Edgw : Mon actu c'est le lancement de mon nouveau projet qui a démarré par une date au Blau en Allemagne avec Kissy Sell Out, nommé Edgework. Le tout s'est concrétisé par un EP sortie le 27 janvier dernier sur Plastic Toys Records après de longs mois de préparation, notamment graphique avec mon pote Quentin Crumbach qui a fait un énorme travail visuel, mais également travailler de manière réfléchie un morceau, nommé "Night Mechanics" donnant le nom à l'EP, et en rassemblant des remixes exclusivement d'amis proches: Le fameux Adrien, alias Awkoder, Tonyboy, une sorte de mentor mal rasé, et Valymo, mon compagnon au sein de l'ancien label Blast Records qui nous a permis de jouer plusieurs fois dans la capitale. Assez de blabla, l'EP est en écoute complète sur le net.

Liens:
SC: http://soundcloud.com/edgework
FB: http://facebook.com/edgework

Edgework
Electronic music - Dj / Producer
Contact / Remix / Booking
edgework.official@gmail.com



vendredi 30 décembre 2011

Entretien : Nasser

 
On  ne s'était pas trompé en pariant sur Nasser en début d'année dernière dernière (Voir Bilan2010) , on clôturera donc l'année 2011 avec eux.

Le trio marseillais vient d'achever une tournée marathon et offre pour le fin de l'année un 5eme EP en télechargement libre.

Électrophone les avait rencontré courant Octobre leur de leur passage au Nancy Jazz Pulsations, voici l'entretien.


Electrophone : Votre premier EP «  Nasser#1 » est sorti en 2009 et aujourd’hui on vous retrouve un peu partout (Radio, Festival, presse spécialisée…) que s’est-il passé pour Nasser entre 2009 et aujourd’hui ?
Nicolas : On a  beaucoup travaillé. On doit en être à notre 100ème live et notre premier album marche bien. Après plusieurs EP on a été lauréat de l’ADAMI et ça nous a permis de faire pas mal de festivals (Vieilles charrues, Route du rock, Eurockéennes, Solidays, Garorock…). Sur le coup, je pense que l’engouement pour Nasser s’est surtout construit autour de la scène.


E : Deux ans, c ’est une ascension assez rapide, non ?
N : Oui et on ne va pas s’en plaindre (rire). On a beaucoup de chance on doit avoir une bonne étoile qui veille sur nous.

Au départ  rien n’était  prémédité, on a commencé à faire de la musique surtout par plaisir et pour se vider la tête du stress quotidien. Ensuite tout s’est enchainé rapidement. On a toujours fait les choses avec beaucoup de sincérité et je pense que ça parle au public. On n’a pas envie d’être un feu de paille, on est là aujourd’hui et on a encore envie d’être là demain. Nous ne sommes pas un groupe à tubes, on essaye de se construire petit à petit  sur scène dans la lignée de groupes tels que LCD soundsystem ou Soulwax qui n’ont pas forcément de gros hits mais plutôt une discographie énorme.

E : Comment arrive-t-on à se faire un nom avec de la musique électro dans la ville de Tino Rossi et Iam ?
N : En fait ça a suscité une certaine curiosité car des groupes d’électro rock à Marseille il n’y en a pas. Par la force des choses on sortait du lot et on était là au bon moment. On aurait fait du rap ça aurait été sans aucun doute beaucoup plus difficile.

E : J’ai lu que vous préférez dire que vous faite du Rock Electro plutôt que de l’Electro Rock ? C’est quoi la différence pour vous ?
N : Sur notre album on fait de l’électro Rock du fait de la production souvent retenue qu’oblige la musique en studio. Nos concerts eux sont clairement rock électro. On ne se fixe aucune limite et bien  que la présence de machines et de beat est souvent assimilée  à l’électro, les grosses parties de guitare, de batterie, de cris et de sueur rappellent que nous sommes avant tout un groupe de rock.

E : Après 3 EP clairement électro-rock (ou rock Electro), Numéro 4 votre album sonne résolument rock, pourquoi ce choix ? C’était volontaire de votre part ?
N : On n’aime pas faire 2 fois les mêmes choses et même s’il y a tout de même des morceaux électro dans notre album,  au moment où on l’a enregistré on était dans une ambiance Rock.

On sortirait un album aujourd’hui il sonnerait  encore différent du fait qu’entre temps on a travaillé des nouveaux sons avec des nouveaux instruments. Et puis, on a voulu montrer qu’on n’était pas  seulement un groupe d’électro même si au final on essaye de toujours conserver notre propre identité.

E : Je vous ai vu en live lors de votre dernier passage à Nancy et le souvenir que j’en ai c’est de 3 types super complices avec pour seule idée d’enflammer le public, je suis loin de la vérité ?
N : Non c’est ça et ça nous va très bien... On termine notre tournée fin décembre et justement on va en profiter pour rebosser notre live en y incorporant des nouveaux morceaux.

E : Le magazine Trax dit de votre live qu’il s’apparente à soulwax, la comparaison est plutôt flatteuse, non ?
N : Grave, on est fan. Leur live est monstrueux, c’est un honneur d’être comparé à eux. 

E : Justement, sur les traces de soulwax, vous remixez pas mal d’artistes, on vous remixe également et j’ai vu que Simon fait des DJ sets, c’est un exercice qui vous plait ?
N : On est dans cette culture électro où tous les groupes se remixent entre eux et donc forcément on participe.

E : Vous avez fait des pubs, des clips vidéo et deux d’entre vous font partie du collectif « Double zéro », finalement vous savez tout faire, jusqu’où comptez-vous aller ?
N : On ne sait pas, le plus loin possible…. La musique nous permet de rencontrer pas mal d’artistes et de ne plus passer par des intermédiaires qui souvent te mettent des bâtons dans les roues. On vient de faire le clip de Fanzy, de Munk et  on travaille sur notre prochain clip. On va aussi faire une tournée en Asie et on aimerait faire une fiction un peu barrée autour de ça…on a plein d’idée.

E : Un prochain Album ?
N : Déjà, on présentera notre nouveau live cet été. Pour l’album on n’a pas envie de précipiter les choses, on ne veut pas être un groupe qui sort un album tous les 10 mois mais on a d’ores et déjà prévu de sortir un nouvel album fin 2012.



vendredi 14 octobre 2011

Electrophone a rencontré Yuksek



De passage à l’Autre Canal, Yuksek, en formation groupe, livrait pour le Nancy Jazz Pulsations un show électro pop d’une  forte intensité devant un public assurément envouté.
Electrophone a profité de l’occasion pour rencontrer le producteur Rémois qui compte, voici l’entretien.

Electrophone : En 2009 tu signes ton premier album « Away from the sea » et tu reviens en 2011 avec «  Living on the edge of time » que s’est-il passé durant ces deux années ?
 Yuksek : Il s’est passé un an et demi de tournée, la production de l’album des « Bewitched Hands » et un nouveau projet avec Stephen Fasano  ex membre d’Aeroplane (Peter and the magicians, ndlr).

E : Ton premier album t’a propulsé très vite dans les producteurs qui comptent, t’attendais-tu au succès de "Tonight" ?
Y : Je tournais avec  « Tonight » deux ans avant la sortie d’« Away from the sea ».  C’est un morceau qui marchait bien  mais que je ne le trouvais pas spécialement fédérateur.  Universal  l’a sorti comme premier single, j’ai été assez étonné de ce choix et du succès rencontré, sans réellement savoir pourquoi le morceau a très bien marché.

E : Remixeur, Producteur, Compositeur,  quelle casquette préfères tu ?
Y : Tout est un peu lié. Professionnellement, j’aimerais marcher dans les pas d’artistes tel que Marc Ronson qui produisent leurs musiques et celle des autres sans faire des tournées de 4 ans. Même si c’est un peu ce que je vis en ce moment, j’aimerais vraiment pérenniser le coté producteur pour avoir moins de pression sur mes disques et ainsi de pouvoir écrire la musique la plus honnête possible tout en essayant de rester novateur. Mes albums sont des  cartes de visites qui m’ont  permis de bosser pour d’autres artistes.  Ce que j’ai pu faire avec « Birdy Nam Nam » ou les « Bewitched » est complétement différent et au final je suis super content du résultat. En revanche, si demain on me demande de produire un album pour qu’il sonne comme du Yuksek, ça ne m’intéresse pas.

E : Tu prends  un virage pop avec la sortie de ton deuxième album, pourquoi ce choix ?
Y : Je ne voyais pas l’intérêt de refaire la même chose. Pour « Away from the sea » le dernier morceau que j’ai écrit et enregistré c’est «  So far away from the sea »  que j’avais fait avec les « Bewitched Hands » la veille du mastering. Si tu écoutes ce morceau aujourd’hui, tu t’aperçois  qu’il pourrait trouver sans problème sa place sur « Living on the edge of time ».
Les gens ne connaissent pas forcément la chronologie des morceaux dans l’élaboration d’un album. « Tonight » a plus de cinq ans alors que « So far away from the sea » en a à peine trois. Dans ma tête le virage pop était déjà fait à la fin de mon premier album.

 
E : Outre ce virage pop, ce qui change aussi sur cet album c’est que tu chantes ?
Y : Si tu aimes faire des chansons et que tu ne les chantes pas ce n’est pas très crédible et puis ça me permet de pouvoir défendre l’album en live. La production de l’album des « Bewitched Hands » m’a en quelque sorte ouvert les oreilles sur les voix et je n’avais pas spécialement envie de faire un album de featuring. J’aime beaucoup travailler les voix, dans mes choix de remix c’est toujours la voix  qui me fait décider de remixer un morceau ou non.

E : Après plusieurs années seul sur scène tu reviens en groupe c’est nouveau pour toi ?
Y : Je savais dès le début que je  ne défendrais pas « Living on the edge of time » tout seul. C’était une réelle envie. J’avais déjà chanté en groupe auparavant et ça me manquait vraiment. En plus je joue avec des amis et ça me permet d’avoir beaucoup moins de pression, je redécouvre cette ambiance de groupe et c’est le pied. J’ai tourné pendant 6 ans tout seul et je sentais que j’arrivais au bout de quelque chose. 

Merci à Yuksek et au NJP.